24/01/2006

Marseille tremble à nouveau sur ses bases

La bombe lâchée Jean-Jacques Eydelie secoue le petit monde du football français et européen. Dans un entretien accordé à L'Équipe Magazine, l'ancien joueur de L'Olympique de Marseille affirme que le dopage et la corruption étaient monnaie courante dans les travées du stade Vélodrome. Sa révélation la plus spectaculaire concerne la finale de la Coupe des Champions remportée par l'OM en 1993 contre l'AC Milan. "Tous les Marseillais ont été invités à se mettre à la queue leu leu pour recevoir une piqûre dans le cul. Seul Rudi Völler a refusé. Le pire, ajoute Eydelie, c'est qu'au même moment, dans le couloir, Tapie faisait un scandale en réclamant un contrôle antidopage à la fin du match. Il gueulait: «Les Italiens sont tous dopés ! A moi, on ne va pas la faire !» Résultat, il n'y a eu aucun contrôle à la fin du match." L'UEFA indique pourtant que quatre contrôles ont été effectués à la fin du match et qu'ils se sont tous révélés négatifs.

 

Jean-Jacques Eydelie prétend également que les dirigeants marseillais ne se contentaient pas de doper leur joueurs, mais qu'ils droguaient aussi leurs adversaires. Il déclare que l'année du sacre européen de l'OM, les joueurs du CSKA Moscou en avient fait les frais. "Nos dirigeants avaient récupéré les packs d'eau des joueurs moscovites", dénonce-t-il. Devant nous, avec un large sourire, ils se sont servis d'une seringue avec une aiguille très fine pour injecter je ne sais quoi à travers le bouchon. (...) On a vu les joueurs se chier dessus avant le match. Pas parce qu'ils avaient peur mais parce qu'ils se vidaient, qu'ils avient eu la chiasse d'avoir bu une boisson trafiquée." Marseille remporta la rencontre 6-0.

 

Quand il évoque la corruption, Eydelie déclare: "Sachant comment le club pratiquait, on ne savait jamais si on avait gagné sur notre valeur ou si, en face, certains s'étaient couchés. Pour un sportif, il n'y a rien de pire."

 

Arsène Wenger, l'actuel entraîneur d'Arsenal qui était en poste à l'AS Monaco à l'époque, n'est pas surpris par ces révélations. "Ce sont des choses que je savais, que beaucoup de gens savaient. On parle ici de la pire période qu'a connue le football français. Il était gangrené de l'intérieur par l'influence et les méthodes de Tapie à Marseille."

 

Mis en cause, Bernard Tapie n'a pas mis longtemps avant de réagir à ces accusations et se dit victime d'une cabale monstrueuse. "Le dopage, je ne l'ai jamais accepté et, pire, je l'ai toujours combattu." L'homme fort du football français dans les années 90 compte bien faire appel à la justice pour laver son honneur. "Et tous ces braves gens qui depuis trois jours me mettent dans une lessiveuse vont avoir à s'expliquer dans une procédure qui est simple, qui est la citation directe, où vous avez dix jours pour préparer vos preuves et venir démontrer ce que vous avez dit.»

 

Si ces déclarations devaient être avérée, cela jeterait une nouvelle ombre sur la carrière de Raymond Goethals, l'entraîneur de l'OM à l'époque.

Photo Belga: Bernard Tapie

16:24 Écrit par Arnaud Lemire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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