15/12/2005

Dix ans d'arrêt Bosman

Il y a juste 10 ans, le 15 décembre 1995, l'arrêt Bosman était rendu. Il devait révolutionner le monde du football et du sport professionnel en général. Cet arrêt signifie qu'un joueur en fin de contrat est gratuit et donc libre de transfert.
Modeste joueur belge du FC Liégeois, Jean-Marc Bosman est en fin de contrat chez les Sang et Marine et veut rejoindre les rangs de Dunkerque. Liège refuse de le laisser partir et Bosman se retrouve coincé. Il décide donc de faire appel à la justice. Au bout d'une longue bataille juridique, Jean-Marc Bosman obtient gain de cause, mais il ne profitera pas vraiment de la lutte qu'il a livrée. Par contre, les stars du ballon rond ont pu améliorer sensiblement leurs salaires à la suite de cette décision.
 
Ajourd'hui que reste-t-il de cet arrêt ? Pas grand chose serait-on tenté de dire. Les joueurs n'arrivent quasiment plus au bout de leurs contrats. Les clubs tentent à chaque fois de prolonger le bail de leurs joueurs avant terme et s'ils refusent, on les vend. La création du mercato hivernal sert à combler les trous apparus dans les noyaux au cours du premier tour, mais aussi à vendre les joueurs qui ne rapporteraient plus rien six mois plus tard. Outre les joueurs, leurs agents ont donc bien tiré profit de cet arrêt Bosman.
 
Jean-Marc Bosman explique dans la Dernière Heure/Les Sports à quoi ressemble sa vie aujourd'hui. "Au tout début, dans la douce euphorie de ma victoire, comme je m'étais imposé beaucoup de privations tout au long du procès, j'ai voulu décompresser. J'ai honoré une foule d'invitations, de par le monde. Aujourd'hui, je vis raisonnablement. Pas comme un SDF, pas non plus comme un nabab. Je retire les fruits d'une rente mensuelle, générée par mes placements, certains à risques, d'autres plus sécurisants. Je recapitalise certains fonds. Je vis dans ma maison et j'ai investi dans une autre, à Cointe, que loue ma soeur. C'est de la brique: c'est donc un capital garanti. Par ailleurs, je ne travaille pas. Je n'ai jamais travaillé de ma vie. J'ai quitté l'école à dix-sept ans. J'en avoue quarante et un aujourd'hui: que puis-je encore espérer dans ce domaine? Mon seul métier m'immergeait dans le monde du foot..."
Photo Belga: Jean-Marc Bosman, entouré de ses avocats Me Dupont et Me Misson en 1995

10:58 Écrit par Arnaud Lemire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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